dimanche, 16 décembre 2018
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Au chevet des réfugiés malades

«Il n’y a pas de régime de faveur pour les quelque 300 migrants actuellement hébergés à l’ancienne clinique du Refuge, prévient d’emblée l’échevine des Affaires sociales. Mouscron a une partie de sa population fragilisée et précarisée qui bénéficie de la même attention de la part des autorités. Mais on ne peut pas rester insensible au sort de ces personnes qui humanisent d’un coup la problématique de l’accueil de réfugiés.» Dès le premier soir, il y a deux semaines, Brigitte Aubert était au Tuquet pour accueillir les premiers arrivants. Des instants de grande émotion dont elle se souvient et qui l’étreignent à chacun de ses séjours sur place. «Voir ces visages éreintés sortir du car, des bébés agrippés aux bras de leur maman, des familles harassées, ça fait un choc. Oui, j’ai été émue et je le suis encore.» Effectivement, l’urgence de solidarité envers ces survivants saute à la gorge. Les mouvements associatifs locaux comme Ecovie et Terre d’accueil ont rapidement pris les choses en main tandis que les Irlandais de Bridgestock, mandatés par Fedasil, s’occupent de l’intendance générale. Mais le problème des soins de santé est crucial car le recrutement de médecins ou d’infirmiers est quasi-mission impossible. «Bridgestock a un gros souci d’engagement de professionnels de la santé. Du coup, les généralistes et les infirmiers de Mouscron dépannent», assure le bourgmestre Alfred Gadenne, référent de la commune. L’échevine Aubert, infirmière de formation, a également la santé et l’urbanisme dans ses attributions, ce qui la place en première ligne dans la gestion délicate du dossier des migrants. «Je seconde le bourgmestre et dès l’annonce de Fedasil d’ouvrir un centre d’accueil à Mouscron, je me suis impliquée dans les conditions urbanistiques du bâtiment et les travaux de mise en conformité sécuritaire. Je veille à entretenir de bons contacts avec les pompiers et les responsables de Bridgestock.»

Une centaine d’enfants

Actuellement, près de trois cents personnes originaires de Syrie, d’Afghanistan, de Syrie ainsi que des Roms sont hébergés à Mouscron. Parmi eux, de nombreuses familles de 4 ou 5 personnes. «Nous avons 43 petits de 0 à 3 ans et une naissance est attendue prochainement. La maman est enceinte de 32 semaines. Au total, il y a une centaine d’enfants ce qui représente un tiers de la population accueillie», confie Brigitte Aubert. Beaucoup ont actuellement besoin de soins. Les nourrissons, trop longtemps restés dans des langes humides, souffrent de mycose du fessier. Des personnes âgées sont épileptiques ou diabétiques. D’autres ont des problèmes dentaires. Certains des difficultés respiratoires. Le besoin de médecins, d’infirmiers des deux sexes et pharmaciens est donc urgent. «En attendant la régularisation administrative de ces gens démunis, des professionnels de Mouscron ont spontanément proposé leurs services. Des généralistes et des infirmières à domicile sont déjà allés sur place mais à terme, il faudra mettre en place une antenne médicale. Je trouve même que l’engagement d’un psychologue serait positif mais cela n’est pas du ressort de la commune. Deux responsables de Fedasil du secteur des soins ont participé à une réunion afin de répondre à l’urgence sanitaire mais il faut un peu de temps. Les réfugiés de Mouscron ne sont pas encore en ordre de mutuelle.» En compensation, l’afflux de réfugiés au pays des Hurlus devrait être provisoirement interrompu. Car des travaux ont encore lieu sur le site et les manquements actuels, tant qu’ils ne sont pas résolus, ne permettent pas un accueil favorable.

Mais dès janvier, de nouvelles arrivées sont programmées jusqu’à atteindre les 600 réfugiés.

Catherine Bastin

A propos Brigitte Aubert

Bourgmestre de la ville de Mouscron en charge de l'Administration générale, de la Police, des Pompiers/Service Incendie, des Associations patriotiques, des Affaires sociales et de la santé, des Séniors, des Personnes handicapées, de l'Urbanisme, de l'Agriculture et Conseillère Provinciale

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